Marion Boyer - restauration de thangkas et de peinture


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Examen de l’oeuvre à restaurer

Il est nécessaire d’établir un processus de conservation/restauration avec des règles évitant les improvisations.

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Examen en lumière rasante

1) L’examen visuel est extrêmement important, et sa qualité dépendra de l’expertise du restaurateur. Il permettra de mesurer l’état de souplesse de la toile, la capacité d’adhésion du support avec la couche picturale. Il apportera un constat d’état des conditions de conservation sur le dos et la face, en favorisant la perception des lacunes en lumière transmise, des tensions en jour rasant, des mouvements parasites de la toile. Il permettra de vérifier l’état des zones mates et satinées de la couche picturale. Il permettra de déterminer les causes des déchirures, des usures, et accidents, mais aussi de certaines autres dégradations spécifiques, généralement dues à l’humidité ou à l’extrême sécheresse telles que soulèvements, écailles, pulvérulences. Pour chaque zone colorée, on étudiera le niveau de conservation, l’oxydation, la transformation par exposition à la lumière ou à d’autres contraintes, les salissures, les dégradations mécaniques, affaiblissement du support, les sels, etc. Tout élément manuscrit sur le dos, ainsi que sur la partie peinte, sera minutieusement recherché avec constitution d’un dossier photographique. Il est souhaitable, avant intervention et afin de compléter ces constatations, de se référer à une œuvre d’un type et d’une époque similaire en bon état de conservation. Tous les examens scientifiques doivent impérativement être interprétés en présence de l’œuvre, car ils sont indissociables d’une connaissance fondamentale de la composition type de la peinture tibétaine. Les résultats pourront être confirmés par l’étude microscopique du grain, du broyage, de l’opacité, mais le choix de l’analyse devra être adapté à l’objet et au but recherché.

2) La photographie noir et blanc ne donnera pas, dans ce domaine, beaucoup de renseignements, la photographie couleur servira donc de référence de base. Néanmoins la dimension des sujets implique souvent l’utilisation de la macro photographie.

3) La photographie infrarouge couleur permettra aisément de confirmer la présence des pigments référencés. On peut voir dans les peintures antérieures au XVIIe siècle, que des thangkas pris en IR couleur donnent des clichés à dominante rouge et jaune ; un faux sera vite repéré. Il permettra de détecter rapidement des restaurations. On peut citer ici les travaux d’Enrico Isacco qui ont permis d’établir un tableau précis de la réflexion des pigments utilisés dans les écoles de peintures indiennes, mais aussi népalaises et tibétaines. Une autre erreur courante dans l’analyse est due aux accidents d’humidité, tels que les taches ou les coulures comme à la périphérie des auréoles où certains pigments migrent dans le cas des peintures aqueuses qu’aucun vernis ne protège. Ou bien encore dans ce thangka qui paraissait retouché dans toute sa partie haute, car il présentait un halo foncé, où l’on pouvait cependant voir à l’œil nu, au dos, qu’une importante auréole avait fait migrer l’humidité, et donc certains éléments de la matière colorés sur 3 cm.

4) La photographie UV n’est pas un outil aussi pratique que pour la restauration des peintures occidentales. En effet les « vernis » ou glacis étant moins dissociés en couche et en nature, le degré de nettoyage ne peut être contrôlé de cette manière. Elle permettra cependant de détecter rapidement une restauration.

5) L’analyse chimique peut confirmer l’examen visuel.

6) L’analyse par Carbone 14 se révèle intéressante car les toiles des thangkas sont essentiellement de coton, parfois de soie. Les faussaires utilisent couramment des toiles de thangkas anciennes comme support…

7) Les rayons X permettent de mieux comprendre la composition, et de saisir certains principes d’élaboration de l’œuvre.

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Vernis rare


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